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LOYER À DAKAR, ARNAQUE AUTOUR D'UN SYSTEME

LOYER À DAKAR, ARNAQUE AUTOUR D'UN SYSTEME

Le coût du loyer ne cesse de flamber dans la capitale sénégalaise. Les coûts dépassent généralement les revenus des ménages qui trinquent de plus en plus, avant de trouver un local pour se loger

Le coût du loyer ne cesse de flamber dans la capitale sénégalaise. Les coûts dépassent généralement les revenus des ménages qui trinquent de plus en plus, avant de trouver un local pour se loger. Aussi, c’est tout une procédure qui est mise en œuvre. Conséquence, le futur locataire, comme pris dans un piège, éprouve d’énormes difficultés avant de trouver un local. 
 
Trouver un logement ou un magasin de commerce pour location à Dakar est devenu un véritable parcours du combattant. Le locataire (ou futur locataire) qui cherche à trouver une chambre, un appartement, une maison ou un magasin pour son commerce doit à chaque visite payer ce que des intermédiaires (agences immobilières, courtiers) ont convenu d’appeler des «frais de déplacement ou de visite» fixés à 2000 F CFA ; que le produit soit à sa convenance ou pas. Le développement des réseaux sociaux aidant, beaucoup de courtiers ou d’agences immobilières font leur publicité sur l’internet. N’empêche, le client à la recherche du local, versera après les frais de visite. La location au Sénégal, c’est tout un système de discrimination qui laisse en marge beaucoup de personnes. La préférence des bailleurs, rappelée souvent par les courtiers, est que le local n’est cédé qu’aux étrangers, prioritaires. La raison avancée souvent est qu’ils payent mieux que les nationaux. Pis, les couples avec ou sans enfants ont des difficultés à avoir une seule chambre car, la préférence, dans ce cas, c’est le célibataire qui devra occuper à lui seule la chambre.

80.000 F CFA POUR UNE CHAMBRE AVEC TOILETTE INTÉRIEURE ET 200.000 F CFA POUR DEUX CHAMBRES ET SALON

A côté, il y a aussi le coût qui grimpe de jour en jour. Dans les maisons, une limite est parfois fixée au locataire. Certains ne veulent pas partager une terrasse ou une cuisine. A côté, il y a également le coût qui croit de manière exponentielle. Dans certains quartiers de Dakar, pour une seule chambre avec une toilette intérieure, il faut débourser 80.000 F CFA. La moyenne qui était, l’année dernière, entre 50.000 et 60.000 F CFA est en phase d’être relevée.

Les appartements aussi coûtent très cher. En avoir à 150.000 F CFA est quasi impossible. Maintenant, il faut débourser environ 200.000 F CFA ou même plus pour en trouver un appartement avec deux chambres et un salon. D’habitude, celui qui cherche un logement est tenu de verser trois mois d’avance dont un non remboursable. La tendance est maintenant à une avance de quatre mois. Et pourtant, en 2014, la loi n°2014-03 du 22 janvier 2014 avait été votée. Cette loi qui porte sur la baisse des prix des loyers n’ayant pas été calculés sur la base de la surface corrigée devrait être appliquée. Mais, hélas !

Après une première application, des difficultés s’en sont suivies, les propriétaires ont trouvé un moyen de s’en dérober ; retour à la case de départ ou même pire. L’exposé des motifs de cette loi de 2014 signale qu’en dépit d’une réglementation pointilleuse prise en application de l’article 572 du Code des obligations civiles et commerciales, les prix des loyers des locaux à usage d’habitation n’ont cessé depuis des années de connaître une poussée inflationniste qui affecte considérablement les revenus des ménages et qui anéantit les efforts faits pour accroître le pouvoir d’achat des Sénégalais.

Mieux, il indiquait que l’échec du système de régulation des loyers tient sans doute, en grande partie, au fait qu’il repose sur une méthode d’évaluation ainsi que des recours administratifs et judiciaires inadaptés aux réalités sociologiques. Et de relever que la situation difficile pour les ménages, induite par la cherté des loyers, fait qu’il devient nécessaire, afin de préserver l’ordre public, de procéder à une diminution des taux des loyers en termes de pourcentage. Ceci permettra aux Sénégalais pour qui la méthode d’évaluation basée sur la surface corrigée est difficile à mettre en œuvre, de pouvoir profiter des baisses induites par la modification des textes régissant la matière.

Par conséquent, note le texte, la présente loi est donc un référent de baisse, qui s’applique aux locaux à usage d’habitation qui n’ont pas été donnés en bail suivant la méthode de la surface corrigée. L’application de la loi devrait permettre une baisse de 29% pour les loyers inférieurs à 150.000 F CFA, ceux compris entre 150.000 F CFA et 500.000 F CFA, devront baisser de 14%. Pour ceux supérieurs à 500.000 F CFA, la baisse est estimée à 4%. Pendant que de nombreux Sénégalais éprouvent des difficultés économiques, accentuées par la pandémie de la Covid-19, le coût du loyer continue son ascension. Suffisante ou pas, la loi n°2014- 03 du 22 janvier 2014 est rangée aux oubliettes, comme d’autres tentatives de régulation prises et oubliées. Au grand dam des usagers.