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Baba Gallé Diallo : "Si les médias décrochent les éditions spéciales des programmes où va le Sénégal"

Baba Gallé Diallo :

COVID19 :   si les médias décrochent les éditions spéciales des programmes où va le Sénégal ?     

La lutte contre la COVID19 a pris une nouvelle tournure qui semble inquiétante du fait d’une part, du relâchement des populations dans l’application des « gestes barrière » d’autre part, du décrochage des éditions spéciales des programmes.

La presse sénégalaise s’est mobilisée, debout comme un seul homme, depuis l’apparition de la maladie COVID19, le 2 mars 2020 pour informer la population et aider les pouvoirs publics à maitriser l’épidémie. 

Et pour cela, on ne rendra jamais assez hommage à ces sentinelles de la démocratie et historiens de l’instant dont le travail est indispensable dans la vie d’un pays, souverain et démocratique. 

En effet, l’annonce du premier cas positif à la recherche du coronavirus, le 02 mars 2020 au Sénégal, s’est répandu comme une onde de choc dans les médias, changeant, au fil des jours, les contenus des programmes de télévision et radio ainsi que les unes des journaux.

Ainsi, dans le sens de prévenir la diffusion de fausses informations et des rumeurs, le Ministère de la Santé et de l’Action sociale a créé un « bureau presse spécial » à son siège. Et la mise en place de ce bureau a rapproché les journalistes de la source officielle de l’information.  Chaque jour, à 10h, un communiqué de presse faisant le point de la situation épidémiologique de la COVID19 est lu et diffusé à la presse. 

En même temps, on a observé dans les programmes de certains médias, qu’à la suite de la lecture du communiqué de presse et sa diffusion sont organisées immédiatement des éditions spéciales avec des invités de profils différents, pour analyser la situation épidémiologique et les stratégies mises en place par les pouvoirs publics pour endiguer l’épidémie.

Après l’Etat et les populations, si c’est au tour des médias d’assouplir en décrochant les éditions spéciales consacrées à la COVID19 des programmes, on peut se demander où va le Sénégal ? 

La 2STV a décroché son émission ou édiction spéciale consacrée à la lutte contre la COVID19 après lecture du communiqué de presse du MSAS à 10heures. Walfadjiri TV en cours (si ce n’est pas déjà effectif) La DTV continue. Etc. Les émissions classiques (société ou politique) consacrent de moins en moins de sujet sur la COVID 19. Peur de l’effet de saturation de l’antenne ou stratégie de survie. Reste à savoir.

Le soutien annuel dit « aide à la presse » est déjà passée. Elle a fait couler beaucoup d’encre. C’est le lieu de rendre solennellement hommage à la presse sénégalaise, sans complaisance, pour leur engagement citoyen dans la lutte contre le coronavirus et la posture de dignité qu’elle a prise, face à la crise. La presse n’a jamais revendiqué, à ma connaissance, de l’aide à l’Etat malgré le manque à gagner en matière de publicité.

Durant cette épidémie de la COVID19, elle s’est dignement contenté, malgré les difficultés, du soutien annuel dit « aide à la presse » que lui accorde l’Etat du Sénégal, au titre de services publics rendus à l’Etat en tant que privé.

En parlant de soutien aux entreprises de presse, on doit distinguer deux types de soutien :  le soutien annuel fait à la presse dit « aide à la presse » et le soutien circonstanciel à la presse du fait de l’impact de la CIVID 19 dans le secteur. Il faut noter au passage que la presse n’a pas reçu ce dernier type de soutien.

Et pourtant, en dehors de ce soutien annuel dit « aide à la presse », les entreprises de presse ont le droit au soutien que l’Etat a accordé aux entreprises évoluant dans les autres secteurs de l’économie.  L’Etat, aurait pu soit allouer un montant spécifique aux entreprises de presse soit ajouter ce montant spécifique prévu au montant du soutien annuel dit « aide à la presse ». Malheureusement, l’Etat n’a fait ni l’un ni l’autre. 

 Si les médias décrochent les éditions spéciales des programmes alors que les cas positifs et la létalité augmentent où va le Sénégal ?

Baba Gallé Diallo