Politique

L'affaire Sonko divise les Journalistes en deux camps

L'affaire Sonko divise les Journalistes en deux camps

L’affaire Ousmane Sonko, accusé de viol et menace avec arme à feu, remet sur la table la question du traitement médiatique de dossiers brulants d’actualité. Mais une chose est sure cette affaire a divisé les journalistes en deux (2) camps, les pro-Sonko et les anti-Sonko, selon Félix Nzalé.

« Pour éviter que le sensationnel et le parti pris ne priment sur le traitement équitable de l’information utile dans ces cas pareils, pour moi, il y a juste un seul fait : c’est de s’en tenir strictement au fait. C’est d’autant plus vrai que le CORED l’a dénoncé. Je pense qu’il a raison parce que même, si vous voulez, la presse d’aujourd’hui (la «Une» des journaux d’hier, ndlr), c’est-à-dire la sortie du président Abdoulaye Wade, les gens ne se sont pas tenus aux faits. Mais, même dans les titres, c’était beaucoup plus du commentaire qu’autre chose. C’est-à-dire, on a tout fait dire à Wade… Et ça, je crois que c’est assez problématique dans la situation où tout est absolument confus, où personne n’est absolument sûr de rien ; mais on est beaucoup plus dans le sensationnel ou plutôt on veut faire bouger les choses parce que, peut-être, on veut vendre Et ça c’est au détriment de la vraie information et puis c’est aussi contraire à l’éthique et à la déontologie », a déclaré le rédacteur en chef du journal «Lii Quotidien » dans les colonnes de Sud Quotidien.

Félix Nzalé de continuer : « Donc, je crois que le CORED a tout à fait raison de tirer (la sonnette d’alarme). Pour éviter de tomber flagrant dans la manipulation et la propagande d’une partie ou d’une autre, à mon avis, il faut toujours prendre les informations qui nous viennent avec circonspection. C’est-à-dire, déjà en priorité, l’attitude première c’est d’abord de douter de l’information. Le doute est le premier critère d’une bonne information. Douter et ensuite essayer de diversifier les sources pour faire naître l’information dans tous ses contours. Je pense que si on fait ce travail de recoupement qui est nécessaire, on peut effectivement éviter la manipulation parce qu’hier (avant-hier dimanche, ndlr), quand le communiqué de Wade (ancien président Abdoulaye Wade, SG du PDS, ndlr) était sorti, il y a des gens qui appelaient pour dire que c’était un faux communiqué etc. Mais, il s’est avéré que le communiqué était bien du PDS (Parti démocratique sénégalais) et que c’est le porte-parole adjoint même du PDS qui l’a envoyé. Maintenant, qui avait intérêt à ce que le communiqué ne sorte pas ? Tout ça, c’est des choses que le journalisme doit avoir à l’esprit. Donc, je pense que tout cet amalgame, cette confusion et tout ça, c’est volontairement entretenu par des journalistes parce qu’ils sont divisés pratiquement en deux camps : les pro-Sonko et les anti-Sonko », révèle notre confrère.

Et toujours selon lui, « Quand on est pro-Sonko, les gens ont tendance à défendre trop Sonko. Et, quand on est contre, on cherche pratiquement des arguments qui jouent à sa défaveur. Et là on est beaucoup plus dans l’idéologie. On n’est plus dans le journalisme soucieux de l’éthique, de la déontologie, du recoupement, etc. On est systématiquement contre. Les manipulations, elles viennent de parts et d’autres.»