Divertissement

Scandale au Ministère de l'Education : Le siège du CNRE vendu à...

Scandale au Ministère de l'Education : Le siège du CNRE vendu à...

Mobilisons-nous : l’alpha se meurt !

Dans le lot des scandales à répétition qui secouent le Sénégal durant cette période marquée par l’apparition et l’installation de la pandémie à Coronavirus, COVID 19 et qui ont trait au bradage du foncier, à l’affaire Sénélec –Akilee, aux injures de Moustapha Cissé Lo, à l’affaire des oryx qui a éclaboussé le Ministre de l’Environnement, entre autres, le secteur de l’Education et de la Formation n’est pas épargné. Loin s’en faut.

En effet, un autre scandale et non des moindres a eu pour cadre le Ministère de l’Education nationale, plus particulièrement le sous-secteur de l’Education de Base des Jeunes et des Adultes(EBJA) plus connu sous le nom d’Alphabétisation et d’Education non formelle (AENEF) qui constitue, avec l’Education formelle, les deux piliers du système éducatif sénégalais. Les missions de l’EBJA sont réparties entre deux structures : la Direction de l’Alphabétisation et des Langues nationales(DALN) et le Centre national de Ressources Educationnelles (CNRE), directement rattaché au cabinet du Ministre de l’Education nationale.

Les missions de la DALN tournent autour de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique en matière d’alphabétisation et de promotion des langues nationales.

Celles du CNRE quant à elles  concernent la mobilisation et la gestion des ressources destinées au sous-secteur.

Contre toute attente, le CNRE s’est vu notifier, le jeudi 26 décembre 2019, une ordonnance de référé du 19 août 2019 rendue par le tribunal de grande instance hors classe de Dakar lui signifiant son expulsion des locaux qu’il occupe depuis sa création. Pour rappel, l’Etat du Sénégal, dans le cadre d’un accord multipartite (État, Secteur privé, Organisations de la Société civile, Collectivités territoriales et Partenaires techniques et Financiers), devait, pour la pérennisation des acquis du Projet d’Appui aux Plans d’Actions de l’Alphabétisation (PAPA) et par la création du CNRE, mettre à disposition les locaux, les agents et une contribution financière de l’ordre d’un milliard cinq cents millions (1 500 000 000) FCFA par an, ce qui représentait 15% du financement du projet, les 85% revenant à la coopération canadienne.

C’est dans ce cadre que le lot numéro 13 177/GR ex 18 951/GD, sis à Mermoz Pyrotechnie, propriété de l’Etat du Sénégal, avait été rétrocédé au projet.

Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, ces locaux ont été cédés par la Société nationale de Recouvrement (SNR) à la SARL Abou Abass par acte notarié dressé les 15 et 23 avril 2019 par maître Hadjarat Aminata Guèye FALL, notaire à Dakar.

La question est de savoir comment l’Etat a pu vendre son propre bien à un tiers alors que ce bien est encore occupé par une institution étatique aussi importante que le CNRE qui a un rôle important à jouer dans la  lutte contre l’analphabétisme dont le taux culmine aujourd’hui encore à 54,6%.Nous pensons que ce sous-secteur mériterait plutôt d’être renforcé en lui donnant les moyens nécessaires pour la réduction de ce stock important d’analphabètes qui hypothèque tout développement durable ainsi que sa contribution face aux exigences du pilier N°2 du Plan Sénégal Emergent (PSE) qui traite du Capital humain de qualité.

Informée d’une telle forfaiture, la société civile s’était saisie de la question et avait adressé une lettre au Président de la République pour lui faire part de toute son indignation devant une telle situation.

Par la suite, la procédure d’expulsion a été suspendue et l’affaire est pendante devant l’Agent judiciaire de l’Etat.

Toutefois, on a noté, chose incompréhensible, une sorte d’acharnement de la part de l’actuel Ministre de l’Education nationale.  Et pourtant contrairement à celui-ci,  son prédécesseur s’était vaillamment opposé à l’expulsion d’un de ses services à l’occurrence le CNRE.

L’actuel Ministre ne cesse d’ailleurs de mettre la pression pour que le CNRE déménage.

Des instructions ont été données dans ce sens pour vider les lieux au plus le 23 juillet sans pour autant que les dispositions nécessaires soient prises pour que le CNRE soit mis dans des locaux à même de lui permettre de continuer à mener à bien ses missions régaliennes.

Les locaux devant lui servir d’accueil n’ont ni salle de réunion encore moins de salle de conférence ou de salle pouvant servir de restaurant pour une continuité de la fonction service qui permettait de mobiliser des ressources additionnelles pour financer des activités d’alphabétisation ou de promotion des langues nationales.

Voilà le triste tableau du sous-secteur de l’alphabétisation qui a plus que jamais besoin d’une mobilisation communautaire pour le sortir de l’ombre et lui donner la place qu’elle mérite dans le système éducatif de notre pays.

Agent : Centre National des Ressources Educationnelles (CNRE)